Q&A
Quelles applications et quels sites sont bloqués ?
Pour protéger votre bien-être et votre appareil, drawbridge bloque les catégories suivantes : pornographie, jeux d'argent, publicité et traceurs (ce qui couvre aussi les domaines de logiciels malveillants, d'hameçonnage et d'arnaque), réseaux sociaux algorithmiques, compagnons IA, et jeux aux mécanismes addictifs ou présentant un risque de grooming. Certains réseaux sociaux font débat : Reddit et Discord, par exemple, ont par endroits une forte modération communautaire, mais ils hébergent aussi encore beaucoup de contenu extrêmement violent et de commentaires toxiques. Dans tous les cas, ce genre de site se visite mieux sur un PC. Rien ne justifie de le transporter dans sa poche.
Tout le reste fonctionne normalement : outils, bureautique, météo, banque, transports en commun, école, travail, etc.
Pour qui est drawbridge ?
Drawbridge s'adresse à toute personne qui doit, pour une raison ou une autre, avoir un smartphone sur soi, mais qui ne veut pas que ce téléphone laisse de la place ou du temps à des applications et des sites nuisibles et addictifs. Cela peut être un adulte qui se protège lui-même, ou une personne qui gère l'appareil de quelqu'un d'autre (un enfant, par exemple).
Pourquoi ne pas simplement utiliser un contrôle parental ou un bloqueur d'applications ?
Les contrôles parentaux ont beaucoup d'inconvénients :
- Ils sont difficiles à configurer, et il y a chaque jour un ajustement à refaire.
- Il faut se constituer une expertise sur tout ce qui est nuisible et sur tout ce qui peut être configuré. C'est simplement une perte de temps.
- Ils sont faciles à contourner, même bien configurés.
- Ils mènent à la discussion et au conflit, entre parent et enfant, ou avec soi-même.
- Ils espionnent l'utilisateur et peuvent collecter des données.
- Ils ne sont souvent pas gratuits.
Drawbridge n'utilise pas de contrôle parental, mais un device policy controller, comme ceux utilisés pour les téléphones d'entreprise et les bornes en libre-service. Contrairement aux contrôles parentaux, drawbridge offre d'emblée une protection non configurable qui couvre déjà un très large périmètre. Les réseaux sociaux et les jeux nuisibles sont toujours bloqués, sans discussion possible. Cela crée un environnement calme, sans charge de gestion supplémentaire. Sachez que drawbridge seul ne suffit pas comme « accompagnement d'un enfant en ligne » : cela demande bien plus, et une bonne pratique reste d'utiliser internet sur un écran partagé, où chacun peut voir et en discuter (pas pour les conversations privées, bien entendu).
Comment désactiver ou contourner drawbridge ?
Drawbridge combine un filtre réseau et un filtre sur l'appareil, et est donc à peu près aussi étanche que possible. Il reste néanmoins de nombreux sites et applications qui montreront occasionnellement quelque chose de nuisible. N'hésitez pas à le signaler. La porte dérobée classique, le navigateur, est elle aussi verrouillée, et drawbridge propose sa propre manière de naviguer (voir plus loin).
Après la configuration de drawbridge, un code s'affiche pour lever le filtre et, le cas échéant, désinstaller drawbridge. Ce code est aléatoire et trop long pour être mémorisé d'un coup d'œil. Le choix vous appartient : notez-le et rangez-le en lieu sûr, ou ne le notez pas et oubliez-le, auquel cas drawbridge reste actif indéfiniment.
L'autre seule issue, également valable pour les bloqueurs d'applications classiques, est bien sûr une réinitialisation aux paramètres d'usine. Cela réinitialise l'appareil entier et fait perdre vos données avec, ce qui revient en pratique à acheter un nouveau téléphone. Cela dit : si vous gérez l'appareil pour quelqu'un d'autre, comme votre enfant, et que l'appareil est lié à un compte Google, la réinitialisation exigera le mot de passe Google. C'est une protection prévue précisément contre cela. L'application drawbridge affiche en plus le moment de la dernière activation, un contrôle manuel supplémentaire pour vérifier que rien n'a été réinitialisé.
Qu'en est-il de WhatsApp et des autres applications de discussion ?
Facebook Messenger et Telegram sont bloqués. WhatsApp l'est aussi par défaut, car elle ressemble de plus en plus à un réseau social (chaînes, chatbot). Comme WhatsApp est, pour beaucoup de gens, un mal nécessaire (dans certains pays, on ne s'appelle quasiment plus de façon classique), vous pouvez malgré tout choisir de l'autoriser. D'autres applications de discussion comme Signal, Threema, Session, Briar, etc. sont autorisées, car la communication chiffrée est un droit humain. Si vous confiez l'appareil à un enfant, sachez que les enfants de moins de 14 ans gèrent très difficilement les discussions de groupe, qui dégénèrent très vite en cyberharcèlement et en drames.
Qu'en est-il de YouTube ?
YouTube est, dans les faits, un réseau social. Bien que son contenu soit strictement modéré contre les excès comme la nudité, les jeux d'argent et la violence, il reste beaucoup de contenu nuisible ou trompeur. YouTube diffuse tout d'une manière hautement addictive, ce pour quoi Google a déjà été condamné en justice. Le plus nuisible de tous reste YouTube Shorts, très difficile à distinguer des autres vidéos YouTube et impossible à filtrer sans porter atteinte à la vie privée ou recourir à une IA sujette à erreur. En raison de l'omniprésence de YouTube comme « vidéothèque » regorgeant d'informations réellement utiles (par exemple pour cuisiner ou bricoler), l'ajout d'un interrupteur similaire à celui de WhatsApp est envisagé, sans que ce soit décidé.
Pourquoi les chatbots ne sont-ils pas bloqués ?
Les chatbots classiques, comme ChatGPT, Claude ou Gemini, peuvent effectivement avoir des effets nuisibles sur le cerveau en cas d'usage excessif et en remplaçant des tâches cognitivement exigeantes. Ils ne comportent pas de mécanismes construits pour rendre dépendant, et, tout comme pour les moteurs de recherche, des garde-fous de plus en plus stricts apparaissent pour certains types de questions. Le problème principal est plutôt l'omniprésence des chatbots : presque chaque site ou service dispose aujourd'hui d'un « assistant » à qui l'on peut à peu près tout demander. Si vous ne le voulez pas, la réponse honnête est de ne pas utiliser internet du tout.
Qu'en est-il du navigateur ?
Le navigateur est traditionnellement la porte dérobée par laquelle le contenu nuisible s'invite sur votre appareil et dans votre vie. Certains navigateurs ou extensions sont capables de configurer un proxy ou un VPN, précisément pour contourner les réglages de l'appareil (souvent pour de bonnes raisons ailleurs, mais pas ici). Drawbridge refuse donc tous les navigateurs sauf « herald ». Herald est un navigateur conçu spécialement pour drawbridge, mais peut aussi être téléchargé séparément, et bloque par défaut le même contenu que drawbridge, d'emblée, sans configuration nécessaire. Une variante, « herald mono », est un navigateur conçu spécialement pour le minimalisme numérique : il affiche tous les sites en noir et blanc, n'a pas d'onglets (une seule tâche à la fois), et ouvre tout en mode lecture lorsque c'est possible. Ce second navigateur intéresse surtout les personnes qui estiment perdre trop de temps sur, par exemple, les sites d'actualité ou les achats en ligne.
L'ajout d'autres navigateurs à la liste autorisée est envisagé, sans être décidé, idéalement avec un navigateur basé sur Chromium pour les sites qui fonctionnent mal sous Firefox. Une autre piste envisagée est de permettre aux utilisateurs de n'utiliser aucun navigateur du tout, au risque que certaines applications ne fonctionnent plus du tout parce qu'elles s'appuient en interne sur des pages web.
Comment drawbridge va-t-il encore évoluer ?
Selon le temps, les moyens et les obstacles techniques disponibles, les fonctionnalités suivantes sont envisagées :
- Autoriser YouTube, éventuellement avec un filtre
- Couvre-feu : blocage d'internet entre certaines heures
- Blocage de tout le streaming vidéo (Netflix, Disney+, Prime, Veoh, ...)
- Autoriser d'autres navigateurs (liste blanche)
- Bloquer complètement les navigateurs
- Autoriser Telegram
- « Dumbphone-ification » : seules certaines applications seraient autorisées. Cela ne peut fonctionner que sur des appareils sélectionnés, car chaque smartphone est livré avec des applications par défaut différentes.